André Fouad avec la mer


 
Publié aux éditions Freda, le dernier recueil du poète et performeur André Fouad nous parle de l’amour, de la nature, de la femme et de la mer. « Djoumba pou dlo ble » est un éloge à la mer. La mer dans sa beauté, sa diversité et ce qu’elle représente dans la vie de l’être humain. 
 
« Djoumba pou dlo ble » est une poésie d’émerveillement. Une poésie du sensible où l’auteur vénère la nature : l’eau, la mer, les arbres et autres. Le poème inaugural du recueil en témoigne avec une certaine musicalité qui emporte : « Lanmè a telman bèl li jouke m/Jiskake m vin pòtre drivayèz/Mwen niche pye vag yo toupatou/Jouk mwen ayik/Foli m make chak kadans li/Epi m mwen tanmen ekri pwezi-mizik kòn lanbi/Wòch galèt kache/ Agwetawoyo sèl long vi m/ Sèl marasa koukouy mwen/San manti cheri lanmè a fout anraje/ Kite bèl dèyè tèt li/Li fè m kouri akatpa».  
 
Dans un déferlement de verbes et d’adjectifs créoles choisis soigneusement, le poète glorifie la nature et ses merveilles. « Djoumba pou dlo ble » est un recueil où l’auteur se fait voyageur (Peut-être à l’instar d’un Sylvain Tesson ou un Bashô). Un enfant « aux pieds balayés ». Chez André Fouad, la poésie est dans les petites choses. Dans un cliquetis doux. Le tonnerre qui gronde. La pluie qui tombe. Un son quelconque. Des mots inarticulés qui rampent et se déploient tels de lents oiseaux. Toutes.  
 
Au feuillage de ce texte, on y voit André Fouad pris d’enthousiasme pour un lieu-dit, la femme (miracle que fait sa robe), le bleu de la mer (le plus souvent), la pluie, jeu d’enfant, et autres : « Fanm o ! Mennen m ale pi lwen/ Rara ka chaje m/ Sou do/ Lè w souke jipon w/ Dlo pran men l/Mennen m ale la/Pou m wè anba w/ Siyati w/Bol vètij nan kouchèt lanmè »

  
 En ce temps de chaos, le poète n’a pas renoncé à sa vocation de « poète engagé ». Il parle pour ceux qui n’ont pas de voix. Avec simplicité et un schéma narratif très moderne, il questionne notre demain incertain : «  Yon ti grifonnen nan do/Reveye lalinn/Kibò n prale ?/Kibò pou n limen pòy zetwal/Lè lanwit pèdi kat pòstal li ? ».

  
Entre les lignes de ce recueil, un lyrisme touchant. Le poète porte aussi un regard profond sur les êtres. « Nan panyen jou yo/Lanmè o/Sèl richèl melodi mwen genyen/tout wòch malè/Frape tèt pou tèt » La mer est avec nous. On la regarde dans les mots. On parle avec la mer. La mer est belle dans les poèmes. La mer est notre refuge. André Fouad s’adresse à la mer. La glorifier.


Bref, « Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid. », ou encore  « Et perdus au sein de l’immense Nature, Aimez donc, et mourez! […] », on a l’impression que ces mots courent en filigrane sur toute la parole poétique d’André Fouad, au fil des pages. « Djoumba pou dlo ble » est devenu un hymne à la mer. Une poésie sensible aux choses. Aux merveilles de la nature.

Né à Petit-Goâve, je suis Vilma Rodeby-Kerby. Aspirant écrivain et critique littéraire. Je suis encore écolier. Je suis membre du groupe CELAH (Centre d’études littéraires et artistiques haitiennes).

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