Originaire de Gressier, Nadège Descombes promeut l’art afro-caribéen à Paris à travers Mosaïc Kréyol

En 2005, de concert  avec des étudiants antillais et africains,  Nadège  Descombes   a  fondé   à Paris  l’association Mozaïc  Kréyol qui met  les grands projecteurs sur la culture afro-caribéenne. La Baie-mahaultienne utilise son expérience  dans   l’art,  l’artisanat, la photographie, la poésie, la mode et la beauté pour  exprimer son véritable amour pour les îles caribéennes à travers ses magnifiques créations artistiques. L’ultra-marine  trouve sa source d’inspiration intarissable dans la nature et la richesse culturelle caribéenne. Notre journaliste  Dimiconov  DOR  l’a interviewée depuis  la capitale guadeloupéenne, Point-à-Pitre.

Palmes Magazine : D’abord, pouvez-vous vous  présenter à  nos lecteur.trice.s ?

 Nadège Descombes : Je suis Nadège Descombes  née  à Baie Mahault.  Ma  Mère est haïtienne originaire de la 3e section Petit Boucan, commune de Gressier. Mon Père est Guadeloupéen d’origine indienne.  À Baie Mahault, j’ai effectué mes études primaires  et secondaires. Après le bac, je suis partie en France métropolitaine pour mes études universitaires. J’ai  une licence en Sciences humaines et Sociales mention Histoire à l’Université Paris 8 et un Master I en Histoire à  l’Université de Paris-Est  Marne-la-Vallée. J’ai suivi une formation en Photographie. Je me suis  spécialisée en Mode  et beauté. Je suis la présidente et la fondatrice de l’Association Mosaïc  Kréyol par le biais de laquelle  j’ai eu l’occasion de monter trois sociétés déjà  dans le maquillage, la photographie, tout ce qui concerne la beauté  et le bien-être, l’évènementiel. Et tout cela m’a permis d’organiser plusieurs  défilés de modes avec des créateurs européens, antillais  et africains. Par ailleurs,  j’étais enseignante contractuelle, en  classe de seconde,   en Lettres et Histoire-Géographie,  au Lycée  Hyacinthe Bastaraud de Grand Bourg à  Marie  Galante (2016-2017) et au Lycée des îles du Nord, à Saint-Martin (2019-2020). J’ai  collaboré avec la Radio Caraïbes  internationale (RCI) et la Guadeloupe 1ère.

Dans quelle circonstance Mosaïc  Kréyol  a vu le jour ?

Nadège Descombes : En France, j’étais Victime mais aussi  témoin d’une multitude de  discriminations dont ont souffert les minorités afro-caribéennes.  Vu que mes camarades étudiants et moi  avons  été  très  loin de chez nous, nous  avons souffert d’un manque de représentation.  Ainsi,  nous  avons décidé  de  mettre sur pied  Mosaïc Kréyol  pour défendre les causes multiples de notre communauté parce qu’il était  tout à  fait   légitime  de   nous  faire entendre et d’exister en notre qualité de minorité faisant partie intégrante d’une France multiculturelle. C’est dans ce contexte que mon Association a vu le jour en 2005 à  Paris.

Pourquoi  le choix du nom de Mosaïc  Kréyol ? Quel est l’objectif principal de votre association ?

Nadège Descombes : Mosaïc  Kréyol  vient du fait que les Antilles, les Caraïbes sont une mosaïque  de peuples et  de cultures différentes. Nous avons à  la fois l’Afrique, l’Europe et les indiens des Caraïbes, à savoir les autochtones. C’est tout un mélange, un ensemble. C’est ce qui fait déjà à la base une mosaïque. Comme objectif fondamental, elle vise à  promouvoir les arts, artistes, artisans  et  la culture afro-caribéens en général et à  mettre en lumière  en  particulier les artistes et artisans locaux. Notre objectif  ce n’est pas seulement de faire des projets artistiques et culturels  en Guadeloupe mais également d’étendre  sur toute la Caraïbe et de mettre en avant et en valeur toutes les cultures afro-caribéennes.

Vous avez une marque de bijoux et d’accessoires que vous appelez Divali-B. Pourquoi cette appellation ?

Nadège  Descombres : Divali signifie la lumière en langue indienne. Parce je suis une beauty maker qui travaille dans et avec la lumière. Je prends plaisir à   voir le sourire sur le visage des gens quand je mets en avant leurs atouts  grâce à   mes sublimes créations. En 2018, j’ai créé  la marque de bijoux et accessoires contemporains Divali-B étant une poésie colorée qui se marie allègrement aux diésez de l’élégance créole, mêlée aux histoires et saveurs caribéens épicées nous invitant à  la découverte et aux voyages.  Mes bijoux sont très particuliers. Ils sont fabriqués à la main, chaque pièce est unique et remplie d’énergie  du soleil tropical. J’aime dire que mes créations sont vivantes et naturelles car je les réalise  toutes  avec amour. La plupart d’entre elles sont uniques et éco responsables. Elles émanent de plusieurs objets  et matériaux  recyclés  tels  tissus, bois, métaux, coquillage.

Quels sont les moments heureux  et difficiles que connait Mosaïc  Kréyol?

Nadège Descombes : Au sujet des heureux moments, il y a   ma  collaboration  avec  des miss comme Safia Randal, Élodie Turinay Engoulevent, un évènement  de grande envergure  à  l’Auberge Vieille Tour au cours duquel  notre magnifique Miss/Mrs Petit canal 2020 porte des boucles d’oreilles Divali B. Modèle (Trissia), Crédit photo N. Descombes  et assistant Shooting Gary Routards, Accessoire téléphonique Willy Forbant et Make Up Majorie Sylla,  mon  exposition  photographique du voyage  autour  du madras dans le hall de Guadeloupe 1ère, au morne Bernard, à Baie Mahault en juillet 2014,   ma participation à  la 2e édition des rencontres des cultures créoles en Haïti en 2018 et sans oublier le jour d’accessoiriser  le clip du jeune guadeloupéen Fabien Lambèse avec  les créations de Divali-b Pro. Cependant, je préfère me focaliser sur un évènement phare comme moment historique et vital  qui est l’accueil du groupe mythique Kassav  avec la mairie Noisy le grand en France. S’agissant des moments de déboires, on cite carrément la période de pandémie de coronavirus.

Comme artisane d’origine haïtienne, qu’est-ce qui vous connecte à Haïti?

Nadège Descombes : Il  y a  autant de choses : la culture et l’histoire d’Haïti, le créole, ma mère, mes ancêtres. Dès mon enfance, je venais très souvent avec ma mère à Petit Boucan. Grâce à mon  attachement à la terre maternelle,  j’étais invitée en Haïti comme photographe par  Jean Erian Samson,   le président de l’Association des Vagues  littéraires,  dans le cadre de  la 2e édition des  Rencontres  des Cultures Créoles qui a eu lieu, du 20 au 28 octobre 2018,  à  Port-au Prince, un  évènement  culturel et artistique qui réunit les peuples de la Caraïbe. Le  21 octobre, à 18h,  à Yanvalou, j’ai présenté  des tableaux photographiques sur la thématique du madras, un tissu qui s’est créolisé  dans le temps et est  devenu  symbolique dans la mode et le patrimoine culturel immatériel  guadeloupéen. Le 23 octobre, à  20h, il y a eu  la rencontre avec  la Martiniquaise Nicole Cage et moi,  au Café Tap-Tap.  Actuellement,  nous projetons  d’organiser des défilés de mode,  de faire des échanges et  de partenariat avec les artistes haïtiens et  d’implanter une équipe administrative de mon association en Haïti et de  réaliser le fameux projet sur la  déforestation  à petit boucan.

Dor dimiconov, diplômé en journalisme au centre de formation en communication et en Administration  (l’isnac) et licencié en philosophie & sciences politiques spécialité liberté  liberté de la presse  à l’institut d’études et de recherches africaines d’Haïti  (IERAH)de l’Université d’Etat d’Haïti. Actuellement, étudiant en Master I sciences politiques fondamentales parcours évaluation des politiques publiques à la Faculté de droit et de sciences politiques  (FADESP) de l’université d’abomey calavi. Ancien présentateur à l’émission soleil matin sur la radio télé soleil et ancien correspondant de la radio télé metropole à Léogâne. Président de la Fondation pour la liberté de la presse en Afrique et dans les Caraïbes  (FLIPAC).

Mosaic KreyòlNadège Descombes
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