Les années à venir seront sombres pour Haïti si rien n’est fait! Une étude récente dévoile que d’ici à 2035 les réserves forestières d’Haïti pourraient disparaître.
Si rien n’est fait, d’ici à 2035, il n’y aura plus de forêts en Haïti. Selon une dernière étude, les forêts des montagnes d’Haïti sont en phase terminale. Seulement huit pics sont recouverts d’arbres pour l’heure, contre 43 en 1988, révèlent des biologistes américains.
En effet, d’après une recherche publiée le 29 octobre dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), par le spécialiste des reptiles de l’Université Temple à Philadelphie, Blair Hedges, nombreuses espèces de grenouilles sont disparues en Haïti. C’est le cas par exemple, selon le chercheur, de l’Eleutherodactylus glanduliferoides, une grenouille présente auparavant sur la montagne de La Visite, qui est présumée disparue.
« C’était évident qu’il y avait un lien avec la déforestation des montagnes, que je constatais d’une visite à l’autre », a-t-il expliqué après la comparaison des photos satellites. Des propos qui sont rapportés par La Presse +.
Selon Hedges, la déforestation avait commencé avant la colonisation européenne, mais elle s’est accélérée par la suite, avec l’agriculture coloniale qui a fait disparaître les forêts des plaines.
Mais l’hécatombe, explique le chercheur, a vraiment commencé après les années 80. Et si le rythme continue, il n’y aura plus aucune forêt en Haïti dans moins d’une vingtaine d’années, soit en 2035. C’est une tragédie pour un pays dont le nom signifie justement « haute montagne».
D’autres pays de la caraïbe comme la République Dominicaine et le Costa-Rica sont touchés par la déforestation. Mais ils sont moins vulnérables qu’Haïti. Car ils ont des moyens économiques pour investir dans la protection de leurs forêts.
Le président Jovenel Moïse a inauguré plusieurs Centres de germoplasme et de propagation végétale dans le pays, dont chacun devait produire 4,5 millions de plantules chaque année. Le président Moïse, qui affirmait sa détermination à mettre un terme au déboisement, avait confié qu’il implanterait 14 centres de ce genre dans le pays.
En outre, Jovenel Moïse avait insisté sur son projet d’instaurer dans le cursus de l’école primaire un programme de reboisement à travers lequel chaque enfant devrait planter 100 plantules. Pour le président, c’était une façon de responsabiliser la jeunesse haïtienne dans le reboisement du pays.
Pour réussir son projet de reboiser le paysage haïtien, le chef de l’État disait travailler sur un autre programme qui consiste à intégrer les paysans. Il confiait que 100 000 paysans seraient rémunérés durant les quatre dernières années de son quinquennat afin de mettre les plantules au sol et de suivre leur évolution. Des arbres fruitiers seraient distribués à chacun d’entre eux et ces derniers leur reviendraient de droit. Ce programme, si l’on en croit le numéro un de la nation, voulait encourager les paysans, laissés pour compte par l’État, à arroser leurs plantes.
« Si chaque paysan sur 100 000 réussit à planter 100 arbres, cela va faire 10 millions d’arbres fruitiers pendant quatre ans », avait prévu Jovenel Moïse. Un projet dont la réalisation devrait coûter 150 millions de dollars. Quid de tous ces projets ? En tout cas, considérant cette étude du chercheur de l’Université Temple à Philadelphie, l’État haïtien doit agir maintenant si l’on veut réellement freiner cette course vers l’autodestruction.
Molière ADELY est journaliste/redacteur à palmes Magazine. Il est également étudiant en sciences anthropologiques et sociologiques à l’Université d’État d’Haïti. Il collabore avec d’autres médias à Port-au-Prince. Il aime la culture et la politique. Il est aussi un passionné des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)